S.1. Érable de Norvège

arboretum Gabriélis, 12 août 2012, O.B.

L’érable de Norvège (Acer platanoides), réfère à la région d’où elle provient, a un aspect sphérique très régulier d’une hauteur de 20 mètres et d’une largeur de 12 mètres.

Ses feuilles, caduques, simples sont découpées en cinq lobes aux extrémités pointues.

À l’automne elles virent au jaune vif et tombent tard. L’érable de Norvège par ses grandes feuilles ont une ressemblance avec le platane qu’on trouve en abondance en Europe et dans l’est des États-Unis.

arboretum Gabriélis 2012, O.B.

Son tronc droit a une écorce grise lisse qui se fissure avec l’âge et devient brunâtre foncé. L’enracinement est fait de racines superficielles, fines et nombreuses et de racines plus grosses descendantes profondément dans le sol. Cependant la transplantation est facile.

Les fleurs apparaissent avant les feuilles, en corymbes denses, vert jaunâtre. À la fin du printemps, cette floraison donne naissance à une prolifération de fruits en forme de disamares qui par leur grand nombre peuvent devenir une nuisance.

Cette plante pousse aussi bien au soleil qu’à l’ombre légère. Elle préfère un sol riche, indifféremment lourd ou léger, au pH légèrement alcalin à neutre, frais et bien drainé.

L’érable de Norvège constitue un grand favori des paysagistes en raison de sa cime symétrique, dense et arrondie, son feuillage avec certains cultivars d’un jaune lumineux tout l’été apporte une note très joyeuse dans les jardins et les boisés en plus de fournir une ombre légère.  À cause de ses caractéristiques certaines villes  choisissent cette espèce ornementale dans les parcs et en bordure des rues.

Qu’en pense les écologistes du Québec et du Canada?

Quant à moi ils ont raison de craindre que l’érable de Norvège soit sur le point d’envahir et de remplacer nos érables à Sucre qui produisent le sirop d’érable et qui est vendu à travers le monde.

L’érable de Norvège (Acer platanoides), un arbre à bannir dans l’Est du Canada? L’idée paraît un peu farfelue. Après tout, c’est l’arbre ornemental le plus vendu dans le secteur! Pourtant, plusieurs écologistes préconisent son bannissement en Amérique du Nord et même l’élimination de tout arbre existant. D’ailleurs, bon nombre municipalités américaines ne permettent plus sa plantation. Et il est défendu d’en planter dans les états de Massachusetts et de New Hampshire aussi! Quand vous lirez la suite, vous comprendrez pourquoi. Qu’attendons-nous pour agir?

L’érable de Norvège est originaire de l’Europe centrale et orientale. Dans son continent d’origine, il compose un élément parmi d’autres des forêts matures et ne cause pas de problème environnemental. En Amérique du Nord, où il a été très largement planté comme arbre de rue à partir des années 1950 en remplacement de l’orme de l’Amérique (Ulmus americanus), foudroyé par une maladie, il est cependant devenu un fléau. Le problème est que l’érable de Norvège produit énormément de semences qui atterrissent et – surtout! – germent partout.

Si ce n’était que pour ce dernier point, cet érable ne serait pas plus envahissant que la plupart des autres plantes introduites d’autres pays. Mais là où il diffère est que, au lieu de se limiter aux zones perturbées, comme le font la majorité des plantes introduites qui sont envahissantes, il s’installe aussi dans les forêts vierges, grâce à sa capacité de germer à l’ombre profonde qui y règne. Là il pousse tranquillement au début, mais finit éventuellement par dominer la forêt, créant une ombre tellement dense que rien ne peut pousser à son pied. Il fait alors concurrence aux arbres indigènes et notamment à l’érable à sucre (A. saccharum), jusqu’alors l’arbre dominant dans les forêts du Sud-est du Canada et du Nord-est des États-Unis. Et c’est l’érable de Norvège qui gagne la bataille, haut la main, d’autant plus qu’il tolère mieux les effets du réchauffement de la planète et de la pollution de l’air et des sols que l’érable à sucre.

On n’a qu’à se promener dans les forêts urbaines et périurbaines pour découvrir que, dans bien des cas, la majorité les jeunes érables qui y poussent sont des érables de Norvège: quand des érables à sucre réussissent à germer, les petits plants sont vite étouffés par les jeunes érables de Norvège, plus nombreux, plus densément feuillus et de croissance plus rapide. Dans un inventaire fait au Parc de Mont-Royal (Montréal) en 2003, par exemple, on a retrouvé trois fois plus de jeunes érables de Norvège que d’érables à sucre. À cette vitesse, il serait déjà l’arbre dominant dans ce parc d’ici 30 ans… mais heureusement, les responsables du Parc ont lancé un programme pour essayer de limiter les dégâts, voire éventuellement éliminer l’érable de Norvège du parc.

taches-goudronneuses

érable de Norvège

Maladie de l’érable de Norvège.   Depuis 2000, cet arbre est infesté par un champignon, la tache goudronneuse de l’érable (Rhytisma acerinum), une maladie qui laisse de grosses taches noires sur son feuillage et diminue ainsi son effet ornemental. Aucun traitement efficace pour cette maladie n’est connu autre qu’enlever l’arbre atteint (voir Rien à faire pour la tache goudronneuse). À date, cette infestation n’a pas encore semblé affecter les habitudes des consommateurs, qui plantent toujours autant d’érables de Norvège, mais éventuellement on peut espérer qu’ils comprennent que l’érable de Norvège a perdu son principal attrait ornemental et cessent de le planter.

Comment distinguer entre l’érable à sucre

et l’érable de Norvège

Si vous voulez éliminer les érables de Norvège d’un parc ou terrain privé dans une région où l’érable à sucre est indigène, il faut savoir comment distinguer entre les deux espèces. Or les deux arbres se ressemblent beaucoup et faire la distinction n’est pas évidente.Voici cependant quelques trucs:

1-. Casser le pétiole (tige) d’une feuille, si la sève est claire, c’est un érable à sucre; si la sève est laiteuse, c’est un érable de Norvège.

Érable de Norvège à gauche et Érable à sucre à droite

Érable de Norvège à gauche et Érable à sucre à droite

2-. Les deux ont des feuilles à 5 lobes pointus, mais si on regarde de près L’extrémité des feuilles, celle de l’érable à sucre est arrondie alors que celle de l’érable de Norvège est finement pointue. Il faut regarder de près!erablesn

3-. Les deux sont faciles à distinguer l’automne : l’érable à sucre devient orangé ou rouge orangé et ses feuilles tombent relativement tôt, en octobre; l’érable  de Norvège reste vert très longtemps et ses feuilles deviennent jaunes avant de chuter.

Bourgeons de l'érable à sucre

l’érable à sucre

bourgeons de l'érable de n Norvège

l’érable de Norvège

4-. L’hiver, on peut se fier aux bourgeons : ils sont bruns et pointus chez l’érable à sucre, tandis qu’ils sont vert pourpré ou pourpre, luisants et plutôt arrondis chez l’érable de Norvège.

5-. Sur les arbres âgés, l’écorce de l’érable à sucre est exfoliée alors que celle de l’érable de Norvège est finement rainurée

érable à sucre

érable à sucre

érable de Norvège

érable de Norvège

6-. Enfin, les samares (graines ailes) des deux ne se ressemblent pas du tout. Ceux de l’érable à sucre étant globuleuses et munis d’ailes plus étroites placées presque à angle droit, tandis que ceux de l’érable de Norvège sont aplatis et portent des ailes larges et presque en ligne droite.

Arboretum Gabriélis, 2012, O.B.

1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. gaétan ouellet
    Juin 16, 2019 @ 08:22:47

    combien d’année peu vivre l’érable giguère

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s