S.5. (95) Hamamélis de Virginie

L’hamamélis de Virginie ( Hamamelis virginiana L.) L’arbre aux fleurs qui ressemblent à des araignées d’or est le seul arbuste qui fleurisse de septembre à octobre. Il est alors vraiment très beau. Son feuillage étant devenu entièrement jaune brillant. Il est vrai qu’il dissimule un peu les fleurs, elles-mêmes jaunes, mais pour peu de temps, car celles-ci n’apparaissent que lorsque les feuilles commencent à tomber. Les pétales ressemblent à des lanières tordues sur elles-mêmes et brunissent assez rapidement, prenant la teinte roussâtre des sépales du calice qui est jaune verdâtre au-dedans. De toute la plante se dégage alors une forte odeur.

 L’hamamélis est généralement un arbuste dressé, multicaule (qui a de nombreuses tiges), mais pouvant devenir un arbre buissonnant de 8 m de hauteur et de 15 cm de diamètre. Son tronc penché et tordu a une cime étalée et irrégulière.

Écorce : Son écorce lisse ou légèrement écailleuse, brun pâle, souvent mouchetée a une écorce interne pourpre rougeâtre.

 Le bourgeon terminal aplati et recourbé, de 10 à 14 mm de longueur, pétiolé, sans écaille, couvert d’une pubescence dense brun jaunâtre; tandis que les bourgeons latéraux sont beaucoup plus petits.Il y a présence fréquente de plus d’un bourgeon au dessus d’une cicatrice foliaire.

 

Feuilles : Les feuilles sont caduques, alternes, simples; irrégulièrement ovales, 6 à 15 cm de longueur, asymétriques à la base; bord irrégulièrement ondulé ou grossièrement denté; minces; dessus vert foncé, dessous plus pâle et glabre; nervure rectilignes, parallèles, ascendante, très espacées, 5 à 7 par côté. Coloration automnale jaune. 

Floraison : En groupe de 3 à l’aisselle des feuilles, les fleurs  ont de 4 pétales en lanières tordues de 15 à 20 mm de longueur chacune. Les fleurs donnent naissance à des capsules ligneuses qui éjectent chacune 2 graines noire à près de 10 mètres de distance. Sachant que cette espèce mesure 3 mètres de hauteur sur 3 mètres de circonférence, les graines sont donc envoyées dans une zone où elles pourront s’épanouir sans gêner le bon développement du sujet émetteur et sans être gênées par lui.

 Fruits : Le fruit est une capsule à double rostre, ligneuse, jaune orange et pubescentes.. Les fruits restent sur l’arbuste durant un an jusqu’à la floraison suivante alors la capsule s’ouvre et projette 2 petites graines noire et luisantes, Quant à la capsule vide elle persiste sur l’arbre 1 an ou plus.

de l’arboretum Gabriélis, 23 août 2012, O.B.

Historique de l’hamamélis

Déjà bien connues des Amérindiens, les propriétés médicinales de l’hamamélis n’ont pas échappé aux premiers colons européens débarqués en sol américain, qui ont rapidement adopté la plante. Les Amérindiens s’en servaient notamment pour traiter les hémorragies, les inflammations et les hémorroïdes. Dès le XVIIIe siècle, son emploi se répandit en Europe où l’on cultive maintenant l’arbuste. Partie intégrante de la pharmacopée traditionnelle nord-américaine, l’eau d’hamamélis est, encore de nos jours, vendue dans les pharmacies partout au Canada et aux États-Unis.

Dans la Flore laurentienne, le frère Marie Victorin mentionne qu’à l’époque où il écrivait la première version de son manuel (1920 à 1935 environ), l’emploi de l’hamamélis dans les lotions à barbe était généralisé au Québec. C’était sans doute en raison de ses propriétés hémostatiques (favorisant la coagulation du sang), astringentes et anti-inflammatoires.

Le nom anglais de la plante, witch hazel, est le fruit d’une erreur puisqu’il ne s’agissait pas du tout, à l’origine, d’une allusion à une sorcière (witch). Le terme référait plutôt à un ancien mot anglo-saxon : wych. Il signifie « flexible », en référence aux branches souples de l’arbuste qu’utilisaient les Amérindiens pour faire des arcs. Le nom hamamélis vient du grec ancien et signifie « semblable au pommier ».

sourcierSourcier tenant une baguette d’hamamélis.

On appelle parfois l’hamamélis de Virginie (et d’ailleurs aussi les autres hamamélis) noisetier des sorcières. La première partie se comprend facilement: les feuilles de l’hamamélis ressemble beaucoup à celles du noisetier (Corylus spp.), même si les deux ne sont pas de proches parents. Mais pourquoi «des sorcières»? C’est que les sourciers (personnes qui recherchent de l’eau souterraine) utilisaient autrefois une baguette d’hamamélis comme outil divinatoire. Comme l’hamamélis pousse souvent près de l’eau, la croyance était que son bois avait une affinité pour l’eau. Ainsi le sourcier se promenait sur un terrain, baguette d’hamaélis à la main. Quand la baguette baissait d’elle-même, c’était signe qu’il devait y avoir une source souterraine à cet endroit. D’ailleurs, il existe encore des sourciers et plusieurs utilisent toujours une baguette d’hamamélis comme outil.

Que vous croyez ou non à l’efficacité divinatoire de la baguette d’hamamélis, le nom «noisetier des sourciers» lui est resté, devenant avec le temps «noisetier des sorcières». Voilà l’explication!

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