S.51. (92) Chêne à gros fruits

 

Chêne à gros glands

Chêne à gros glands (l’été)

Chêne à gros glands (le printemps)

février 2012

Le chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa ) est un  arbre de moyenne taille au port d’abord pyramidal puis s’élargit par la suite pour donner une cime arrondie, large, irrégulière, qui peut atteindre au plus 30 m de hauteur. Habituellement, il est grand et le tronc rectiligne, mais s’il pousse dans un sol peu profond, il peut être plus petit et présenter un tronc et des branches tordues. Il supporte une grande variété de sols au regard de l’humidité. Il préfère être en plein soleil, mais tolère une ombre modérée.

Lorsque l’arbre est jeune, son écorce est lisse et gris cendre pâle. En vieillissant, elle devient gris foncé, rugueuse devenant profondément cannelée et formant des crêtes divisées en écailles irrégulières, épaisses et gris foncé.

Les bourgeons latéraux sont de forme conique à ovoïde, bruns, pubescents et présentent une extrémité obtuse. Le bourgeon terminal de 3 à 6 mm de longueur, obtus, brun, pubescent, souvent entouré de quelques longues écailles pointues

Les grandes feuilles de ce chêne sont caduques, simples et alternes de forme variable: 6 à 9 paires de lobes inégaux. Les feuilles mesurent entre 10 et 20 cm de longueur. Le dessus de la feuille est luisant et d’un vert foncé profond et sa surface inférieure est pâle, terne et légèrement pubescente.  À l’automne elles deviennent jaune orangé.

   Au printemps,  les fleurs mâles sont dispersées le long de chatons lâches et pendants de couleur verdâtre qui mesurent jusqu’à 8 cm de longueur et qui émergent rapidement de la base des nouvelles pousses. Après la pollinisation, le chaton mâle tombe. Les fleurs femelles sont verticillées en petites  grappes à court pédoncule dans les aisselles des nouvelles feuilles,      

  Les glands. de couleur brun  maturité, à graine comestible, douce au goût, longs de 1,5 à 3 centimètres, sont pourvus d’une cupule profonde qui recouvre les 2/3 du gland et dont la partie supérieure est bordée de poils. Le nom latin de cette essence est «macrocarpa», ce qui signifie gros fruit ou gland. Les Autochtones ramassaient les fruits comestibles de cet arbre à l’automne, puis les faisaient sécher pour en faire une farine nutritive.

 Le chêne à gros fruits a un bois pesant, fort, dur, durable, à grain serré, brun foncé, à aubier mince et plus pâle. C’est le plus important des chênes de l’Amérique, au point de vue commercial.

Un arbre rustique et irrégulier Le chêne à gros fruits est considéré comme ayant une valeur ornementale très élevée. En effet, il donne une apparence de rusticité partout où il se trouve. Avec sa forme globulaire, mais très irrégulière, cet arbre ne donne pas l’allure soignée d’un petit buisson trimé à la perfection. Avec une largeur maximale d’environ 20 mètres, on l’apprécie généralement là où l’ombre est bienvenue. Si l’on veut préserver le port d’un chêne, mieux vaut éviter de le planter en dessous des fils d’Hydro-Québec. En effet, une distance minimale de 12,5 mètres est fortement recommandée.

Son écorce offre aussi cette allure robuste qui fait tout le respect qu’on doit à cet arbre. Avec de grosses crevasses prononcées et avec une texture qui fait penser au liège, on s’éloigne des arbres à l’écorce lisse comme le hêtre. Ceci ajoute à l’irrégularité du port de l’arbre son apparence rustique bien à lui. Or, cela est sans compter l’aspect de la feuille. Polymorphes, les feuilles ont généralement 6 à 9 paires de lobes, tous inégaux. Elles sont aussi alternes, avec des extrémités qui sont arrondies. Le dessus est vert quelque peu bleuâtre, tandis que le dessous est plutôt grisâtre. À l’automne, elles deviennent jaune orangé. On peut apercevoir des feuilles avec de profondes ondulations, et d’autres à peine lobées. Ainsi, tout dans cet arbre est au goût de l’irrégularité et de la rusticité, sans compter qu’il peut vivre jusqu’à 200 ans, ce qui ajoute encore plus à cet aspect.

Conditions optimales  Cet arbre pousse très lentement. Par ailleurs, sa reprise au printemps est difficile. Ceci a le désavantage de compliquer la plantation. Il est préférable de s’en tenir à des plants dont les racines sont en motte et de creuser un trou au moins deux fois la grandeur de la motte. Pourtant, le chêne à gros fruit s’adapte à un large éventail de sols. Il préfère les sols creux et bien drainés et moyennement humides, mais il s’adapte très bien à une terre d’argile. Il peut endurer tous les niveaux de ph, et même les sols perturbés et compactés. Ainsi, un certain défi initial de plantation n’empêche pas que cet arbre soit polyvalent.

Comme les racines de cet arbre sont très profondes et puissantes, il est impératif de l’éloigner des canalisations pour éviter de les briser. Or, la profondeur de ces racines est aussi synonyme de longévité. En effet, celles-ci permettent un meilleur accès aux ressources en eau et en minéraux, tout en assurant une solidité et un ancrage à l’épreuve des tempêtes.

Les fruits et la faune Les fleurs de cet arbre sont insignifiantes, mais cela va de pair avec son aspect rustique. Ceci est en revanche remplacé par les glands qui lui donnent son nom. Ceux-ci sont gros et comestibles. Il ne faut pas hésiter à y goûter, les fruits de cet arbre sont reconnus pour un arôme assez doux. On suggère de les faire rôtir sur un beau feu de camp pour accompagner les guimauves. Par ailleurs, les autochtones d’Amérique consommaient régulièrement les fruits de ce chêne, croyant que ceux-ci contenaient des propriétés médicinales. On peut compter sur la chute de ces glands contenus dans une cupule frangée dès l’automne.

Comme notre faune a évolué en présence de cet arbre, en planter un dans notre milieu urbain saura aider celle-ci à prendre niche. Avec ses fruits doux et comestibles, il attire différents mammifères et oiseaux. De plus, le port majestueux propre au chêne à gros fruits est idéal pour la nidification des espèces qu’il attire.

L’élagage Avec son port ovoïde et large, il est certain que la taille d’arbre typique à cette essence se concentrera sur les infrastructures en largeur. Ceci peut être prévu lors de la plantation. Si une distance de 12,5 mètres est suggérée pour les fils d’Hydro-Québec, rien n’empêche de prévoir une telle distance pour sa maison ou sa piscine. Il ne faut pas oublier qu’un élagage santé est un élagage minimal, mais ce n’est qu’à la plantation que l’on peut faire en sorte de limiter les besoins en arboriculture. Comme il s’agit d’un arbre dont la croissance est lente, assurez-vous que votre élagueur respecte une norme de 20% maximum de masse foliaire à enlever. En effet, avec sa croissance et sa reprise étant assez lente, et avec son bois qui est un des plus durs, un émondage abusif pourrait gâcher à tous jamais l’allure de votre arbre.

Comme d’habitude, et on ne le répétera jamais assez, il ne faut en aucun cas étêter, écimer, rabattre ou encore ravaler un arbre. Ces pratiques ont toutes en commun qu’elles enlèvent à l’arbre, en tout ou en partie, sa masse vivante dans la partie la plus haute, c’est-à-dire la tête. Cette partie de l’arbre est la plus importante pour sa santé, étant la partie où se fait la majorité de la photosynthèse. C’est seulement dans des cas de stricte nécessité que l’on élague la tête d’un arbre, ce qui se fait généralement pour dégager les fils d’Hydro-Québec.

Les maladies Même si les maladies du chêne à gros fruits sont assez rares, il vaut la peine de les mentionner. En premier lieu, il y a l’anthracnose, maladie qui se reconnaît par les lésions laissées sur le feuillage. Il y aura alors des taches brunes et rougeâtres sur les feuilles affectées. On remarquera aussi que la défoliation printanière se fait de manière prématurée. Pour régler le problème, il s’agit de ramasser les feuilles rapidement à l’automne, pour éviter que l’agent pathogène n’infecte le système racinaire et de les brûler ou d’en disposer. Des branches trop sévèrement atteintes devraient être élaguées pour empêcher la propagation. Il ne faut toutefois pas paniquer, il ne s’agit pas d’une maladie mortelle, l’arbre peut très bien se remettre d’une telle infection.

Le chêne à gros fruits est aussi vulnérable à la cloque des feuilles. À l’intérieur des cloques se trouvent des asques qui vont du jaune au brun. La solution est encore ici de ramasser les feuilles et de ne pas paniquer! Les maladies des feuilles affaiblissent les arbres en ce que celles-ci ont plus de mal à effectuer leur photosynthèse, mais la chute des feuilles à l’automne peut, dans bien des cas, régler le problème si l’on prend le temps de bien les ramasser.

Le polypore soufré, champignon jaune orange, peut infecter le chêne à gros fruits. Ce pathogène fera pourrir le bois mort et vivant. En l’occurrence, il peut être de mise de considérer  l’abattage d’arbre.

En dernière occurrence, il peut arriver que le chêne à gros fruits soit vulnérable à une maladie qui vient des variétés de pins. Cette dernière essence est hôte de la rouille-tumeur des chênaies. Pour prévenir, évitez simplement de planter votre chêne près des pins. Autrement, il est assez rare de voir le chêne contracter cette maladie qui se reconnaît par ses galles et tuméfactions sur les feuilles. Au besoin, émonder les branches fortement infectées.

Arboretum Gabriélis, O.B.

Arboretum Gabriélis, O.B.

 

 

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