Leçon de…. botanique

 Le frère Gabriélis professeur de sciences naturelles a écrit plusieurs articles vers les années 1930 pour illustrer ses leçons et qui ont encore leur pesant d’or en 2013. Je vous en citerai 3: le présent article sur  «Leçon de Botanique», mais son véritable but est de donner à ses élèves une méthode de travail ce qui s’acquiert par l’étude des sciences le 2e sur la «Migration végétale»  et le dernier sur la «Migration des oiseaux».

classe-du-muséeUNE LEÇON DE  BOTANIQUE! Avouons tout bonnement que la botanique nest ici qu’un prétexte. Le but véritable est de montrer que le principal est de montrer que le pro­fit que nous retirons de l’étude des sciences, ce n’est peut-être pas sous forme de connaissances nouvelles que nous l’encaissons.

   Nos programmes d’études sont judicieusement combinés de façon à nous procurer tous les avantages d’une modeste formation générale en rapport avec les fins de notre vocation. Mais la place accordée aux sciences dans notre cycle d’études est-elle suffisan­te pour produire des résultats vraiment utiles? Oui, sans doute, si ce travail est fait sérieusement. Nous n’avons qu’une année pour jeter les bases de notre édifice spirituel. Pourquoi, dans de bonnes condi­tions, en faudrait-il beaucoup plus pour établir les fondations notre édifice intellectuel? Les deux édifices d’ailleurs ont bien des points de contact et de ressemblance. C’est si vrai, que les soins que l’on prodigue à l’un profitent nécessairement à l’au­tre pour peu que l’on soit animé d’intentions droites. D’un autre côté, les deux édifices sont desti­nés à demeurer inachevés notre vie durant. L’essent­iel est d’y travailler tous les jours, car pour l’un comme pour l’autre, cesser le travail, c’est com­mencer la démolition.

Plusieurs se plaisent à vanter les mérites de la discipline classique, mais la discipline scienti­fique a aussi ses fervents! D’ici longtemps, sans doute, le bénéfice intégral de l’une ou de l’autre ne nous sera probablement pas offert. Dès à présent nous pouvons essayer d’arracher à la science quelques-uns de ses avantages très réels.

L’étude des sciences contribue à donner à l’étudiant une tournure d’esprit très favorable à sa formation générale. Toute l’éducation n’est en somme qu’une culture méthodique de l’attention, pour arri­ver à cette fin, les sciences nous fournissent des moyens incomparables. Elles nous apprennent l’art si délicat d’observer et de disséquer. On leur reproche­rait presque la rigueur de leurs procédés, si depuis longtemps ces procédés n’avaient pas fait leurs preu­ves. Il serait naïf de croire que le temps consacré aux sciences est perdu pour le reste; en réalité, el­les constituent une merveilleuse préparation littéraire. Dans l’étude des sciences, c’est à chaque pa­ge que l’on rencontre des description qui sont des chefs-d’oeuvre de concision et de clarté. Ce ne sont là, bien entendu, que des squelettes; ces squelettes ont tout de même l’avantage de nous montrer comment on établit une charpente capable de supporter les or­nements dans la description plus soignée. La description n’est pas une énumération, c’est un choix; les sciences nous apprendront comment on opère ce choix.

Voici un exemple emprunté à la botanique, qui nous aidera à mieux traduire notre pensée.      Un auteur bourgeois définit ainsi la grappe : «Assemblage de grains, de fruits ou de fleurs porté par une tige commune.» Ce n’est pas compromettant, mais cela n’apprend absolument rien. Une telle définition s’appliquait tout aussi bien à l’épi qu’à la grappe; or il y a évidemment des différences essentielles entre ces deux modes d’inflorescence groupé. Ces différences, la Botanique va précisément nous les faire toucher du doigt et de telle façon qu’on ne les oublie plus.raisons vert

Si l’on appelle axe principal la partie de la tige ou du rameau qui porte le groupe de fleurs considéré, et axe secondaire la hampe de ces fleurs, on pourra dire que la grappe se compose d’un axe principal portant des axes secondaires tous d’égale longueur avec subdivision des axes secondaires on aura la grappe composée, comme dans la vigne.vigne en fleurs En suivant le même procédé on pourra dire que l’épi se compose d’un axe principal portant des fleurs sessiles très petites et très rapprochées. L’épi ne comporte pas d’axes secondaire ; c’est ce qui le distingue essentiellement de la grappe.

Les autres modes d’inflorescence groupée sont maintenant faciles à définir et à distinguer, car tous se ramènent à ces deux types: le CHATON est un épi composé de fleurs unisexuées.  Le SPADICE est un chaton muni d’une bractée. Le CAPITULE est un épi dépourvu d‘axe principal les fleurs sont disposées au même niveau sur un élar­gissement de la tige.

Le PANICULE est une grappe dont les axes secon­daires de la base sont plus longs que ceux du sommet. L’OMBELLE est une grappe dont tous les axes  secondaires partent du sommet de la tige. Le CORYMBE est une grappe dont tous les axes secondaires s’élèvent au même niveau.

bleuets en corymbe

fruits en corymbe

 

fleur en ombelle

fleur en ombelle

 

panicule

fleurs en panicule

 

  Tout cela n’est ni long ni compliqué, mais c’est remarquablement précis. Ces méthodes rigoureuses ne sont pas spéciales à la Botanique; elles se retrouvent invariablement dans toutes les autres sciences. Il paraît impossible qu’un jeune homme qui a bénéficié d’une pareille formation n’en conserve pas au moins Quelques traces dans la vie courante. Instinctivement il emploiera en toutes choses les mêmes méthodes qui lui auront servi dans ses études. Si son petit bagage scientifique a progressivement fondu au soleil de la vie, il lui restera toujours une méthode et une tournure particulière d’esprit qui lui seront extrêmement profitables. Et ce n’est pas un petit présent qu’on fait en nous dotant d’une bonne méthode de travail !

La méthode économise et décuple l’effort. Si cela a besoin d’être démontré, nos intrépides cercles pédagogiques s’en chargeront; c’est proprement leur domaine!  Les communistes la connaissent bien, la valeur de la méthode! Avec quel art diabolique ne cherchent-ils pas à répandre le poison de leurs doctrines néfastes? Ah certes! ce n’est pas d’eux qu’on pourrait dire qu’ils font le mal en se hâtant et qu’ils le font mal! Ils ont créé cette chose monstrueuse qu’on appelle la technique du mal.

    De nos jours où tous les efforts sont tendus vers un emploi toujours plus méthodique des énergies matérielles, apprenons au contact des méthodes scientifiques à tirer de nos énergies personnelles le maximum de rendement. Est-il besoin de le dire? On chercherait tout de même vainement dans l’étude des sciences un remède infaillible contre toutes les insuffisances. Comme dans tout le reste on n’y trouvera qu’un secoure.

Si les saints peuvent se passer de tous ces pauvres petits moyens humains c’est que, par ailleurs, leurs mains débordent de divines ressources. « Quand les saints n’ont pas d’esprit, Dieu leur en donne », remarque malicieusement le saint Curé d’Ars. Nous ne pouvons tout de même pour autant négliger l’emploi de ces moyens puisqu’il nous est imposé par notre devoir d’état. 

Il  existe, cela s’entend, plusieurs façons de tirer parti de ces moyens comme il y a, fort heureusement, plusieurs méthodes pour faire le bien. Mais pour conserver la possibilité d’emprunter à chaque méthode ce qu’elle peut avoir de bon, il faut que chacun se persuade que la sienne n’est pas la meilleure.

frère Gabriélis

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