Des trésors à découvrir

Des 176 espèces répertoriées par le Frère Gabriélis il n’en reste plus que 60 espèces différentes. Cependant, l’arboretum Gabriélis du parc du Mont-Saint-Bruno* présente encore aujourd’hui une importante diversité. Je vous conseille fortement de vous rendre à l’accueil du parc du Mont-Saint-Bruno, là on vous prêtera un guide de terrain très à point et réalisé par un naturaliste-interprète chevronné:  Alain Mochon. Au gré d’une agréable promenade, vous pourrez admirer plusieurs arbres remarquables, aux dimensions exceptionnelles, susceptibles parfois de représenter les spécimens les plus gros de leur espèce au Québec. Mentionnons le cas de l’épinette de Serbie, de l’épinette d’Engelmann et du pin rouge du Japon. Vous découvrirez aussi le ginkgo bilobé, une espèce rare qui existait déjà à l’époque des dinosaures, ou encore, le févier épineux et plusieurs autres tels que l’if du Japon. «Ce spécimen exotique de l’Arboretum est jugé comme un arbre remarquable au Québec en raison de la rareté et de ses dimensions exceptionnelles.» A.M.

Observez bien, et peut-être vous aurez la chance d’assister à la poursuite d’un écureuil par un faucon.

Écureuil Gris (Sciurus carolinensis)

Un des successeurs du Frère Gabriélis, le Frère Maxime Bergeron a été le vétéran  bagueur d’oiseaux. 

Prix de la Semaine de l’environnement

Dans la Semaine de l’environnement et de la faune, M. David cliche ministre de l’Environnement et de la Faune du Québec, décernait au Frère Maxime Bergeron frère de St-Gabriel, le prix du Mérite de la conservation de la faune dans la catégorie « individus », ce prix vise à soutenir l’engagement exceptionnel d’un individu à la cause de la conservation et de la mise en valeur du patrimoine faunique québécois. Pionnier de l’ornithologie québécoise, le frère Bergeron est le doyen des bagueurs d’oiseaux au Canada. Après un demi-siècle d’activités il a capturé mesuré et bagué plus de 41000 oiseaux appartenant à 129 espèces. La recapture de quelque 900 de ses oiseaux dans onze États américains confirme l’existence et l’extension du corridor migratoire atlantique. Durant l’été, Maxime Bergeron fait du baguage et anime des activités concernant l’observation des oiseaux au Havre familial à Sainte-Béatrix. Je l’ai rencontré à cette base de plein air,où nous avons discuté  un long moment en attendant qu’un oiseau se prenne dans son filet.

En parlant  de la longévité des oiseaux je lui demande s’il lui arrive de recapturer des oiseaux qu’il a lui-même bagué les années précédentes. Il me raconte cette anecdote: « J’ai pris un jour un Carouge à épaulette que j’avais bagué sept ans auparavant. Au moment de son baguage, l’oiseau était déjà adulte, c’est-à-dire âgé au moins neuf ans lorsque je l’ai recapturé.» l’instant d’après, son ami et ancien élève bagueur, Georges Lachaîne capture dans son filet un colibri. On constate que l’oiseau porte une bague à sa petite patte. C’est un oiseau que Maxime Bergeron a bagué une semaine auparavant. Imaginez la patience et la dextérité pour baguer un si petit oiseau.. Le pauvre colibri, un peu assommé, suite à cette capture, a malgré tout vite repris ses esprits pour poursuivre ses activités.

Un autre Article tiré de la revue Québec Oiseaux Vol. 8 no 4 dans Profil :

Maxime Bergeron 

par Claude Ducharme.

Avant d’être portée par les clubs d’observateurs d’oiseaux, l’ornithologue québécois a connu sa période « parascolaire », Alors que des enseignants mordus de science naturelles entraînaient par monts et par vaux leurs élèves les plus curieux regroupé dans les cercles des jeunes naturalistes.

Entrer en religion, particulièrement dans une communauté enseignante, paraît bien être emprunter la voie royale vers le grand livre de la nature. Le jeune Maxime Bergeron entretient-il de tels projets quand, au tournant des années 1940, il frappe à la porte du noviciat des frères de Saint-Gabriel?

Ses supérieurs lui réservent une toute autre orientation. Pendant des années, Maxime Bergeron, devenu le frère Justin-Marie, oeuvre à l’atelier de couture plutôt qu’en classe avec des bandes d’enfants à instruire. Mais même la vie religieuse sait ménager des surprises.

Le Bagueur

Un confrère,le frère Jean-Léonard, professeur à l’École normale de la congrégation, considère restreindre ses activités et abandonner le baguage d’oiseaux. Il trouve dans son jeune collègue celui qui va prendre la relève.Parrainé par ce maître, le jeune religieux fait ses classes et obtient rapidement son permis de bagueur. À partir de cet instant, tous les moments libres que lui laisse son atelier de couturier sont consacrés à l’ornithologie, sous la forme de la capture et du baguage d’oiseaux. Le hasard. d’autres diront que c’est la Providence qui dirige Maxime Bergeron vers des espaces encore peu touché par l’urbanisation: le Sault-au-Récollet, Pierrefonds, Saint-Bruno et même le Témiscamingue.

comme ornithologue-bagueur, Maxime Bergeron ne se contente pas de faire les choses comme tout le monde. Avec astuce et inventivité, il «patente» un nouveau type de piège, le «Justin Trap», destiné à épargner des blessures à ses hôtes malgré eux.

Toutes ses captures sont baguées à l’aide de ses célèbres «pinces à chapelet» et inscrites avec leur mensurations, dans des cahiers d’écoliers. Puis lui. le loisir scientifique peut très bien se pratiquer avec une technologie modeste, l’essentiel se cachant quelque part entre le coeur et l’esprit. En un demi-siècle, deveu doyen des bafgueurs au Canada-«un titre qu’on ne pourra jamais m’enlever», s’amuse-t-il à dire- Maxime Bergeron capturek, mesure et bague plus de 41000 individus appartenant à 129 espèces. La recapture de quelque 900 de ces oiseaux, dans 11 États américains, confirme l’existence et l’extension du corridor migratoire atlantique. Manipuler autant d’oiseaux sur une telle priode de temps procure nécessairement des recaptures personnelles, après cinq, sept et même dix ans, et des trouvailles exceptionnelles, comme cette Mésange bicolore à Pierrefonds en 1985 ou encore ce Bruant du japon (Emberiza sulphurata) évadé à mille lieux de chez lui.

L’animateur

Mais Maxime ne se borne pas à ses pièges et à ses bagues. Si les circonstances ne lui offrent pas la tribune d’une classe, elles vont lui présenter d’autres occasions de partager son enthousiasme tranquille pour le monde ailé.

On le retrouve ainsi en train d’oiseler pendant quelques étés à l’île d’Anticosti, d’où il rapporte la découverte du Goglu des prés et un rapport, «Observations ornithologiques sur l’Île d’Anticosti» qui paraît dans la Feuille de contact du Club des ornithologues de Québec (1:6-7, 1977) Entre-temps, il accompagne et anime de nombreux groupe d’amants de la nature aux quatre coins du Québec, voire en Ontario, à Pointe Pelée en particulier. Sa réponse à toute les demandes est toujours la même: «Si ça peut rendre service, ça me fait plaisir.»

Il rend service sur d,autres fronts ornithologiques encore. il agit comme parrain auprès d’appentis-bagueurs, qu’il accompagne, instruit de son exemple et recommande en vue de l’obtention de leur permis. Il ne se contente pas de les recevoir, mais se rend sur leur propre terrain, avec sa souriante simplicité.

Il va aussi au-devant d’écoliers qui n’ont pas pu être les siens. Son passage dans les classes, armé de ses instruments et ses diapositives, armé surtout de son feu sacré, fait des merveilles de sensibilisation. on lui attribue même le «raccrochage» d’enfants en difficulté. C’est dire l’impact du caractère!

Après toutes ces années consacrées aux autres et aux oiseaux, Maxime Bergeron n’est pas prêt de baisser les bras. Ces années-ci, il passe ses étés à faire de l’animation auprès de la clientèle du Havre familial, une base de plein-air dirigée par sa communauté. il s’est mis à la sculpture sur bois, pour avoir l’occasion d’accompagner d’autres débutants. De plus il prépare un ouvrage: Cinquante-deux ans de bagage et d’observation des oiseaux.

Point par point, le frère couturier s’est faufilé à travers la vie, pionnier à sa façon de l’ornithologie québécoise allant de l’un à l’autre porter le messagedu livre de la nature, sans pouvoir s’empêcher de livrer sa personnalité dont la discrétion ne réussit pas à masquer l’ardeur et la générosité.

s

1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. Nicolas
    Sep 29, 2016 @ 17:53:01

    L’arboretum Gabriélis est largement sous-connu. Quel extraordinaire lieu pour en apprendre plus sur les arbres et arbustes.

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